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91ème anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918.
Discours de Gérard Lurçon, maire de Saint-Germain du Corbéis.
Un coup de feu, un seul coup de feu tiré à Sarajevo le 28 juin 1914, et l’archiduc autrichien François Ferdinand s’écroule. Tout s’enclenche alors, tout s’enchaîne dans un bruit assourdissant de mécanique bien huilée, d’alliances en alliances, de mobilisations générales en mobilisations générales, d’ultimatums en ultimatums, l’Europe s’enflamme sous le lourd soleil des moissons, dans un même élan.Commence alors le temps où les fleuves paisibles, la Marne, la Somme, l’Aisne, deviennent des noms de batailles terribles, le sol de nos campagnes est saoulé de sang.
Ce que le Poilu a vécu est indicible, dans les tranchées c’est la boue, sur ses pieds la boue, sur ses vêtements la boue, sur ses lèvres, sous ses dents c’est la boue. Les obus, les mitrailleuses, les gaz l’ont fauché dans sa jeunesse mais il a tenu jusqu’à la victoire. Le onzième jour du onzième mois à la onzième heure les armes se taisaient enfin. Voila aujourd’hui 91 ans.
Aujourd’hui l’Europe s’est heureusement réconciliée avec elle-même, les ennemis d’hier sont devenus des alliés fidèles et de solides partenaires. Face "Aux Morts" pour la France de toutes les guerres, inclinons nous avec émotion devant ceux qui ont donné leur vie pour un monde meilleur, pour lutter contre l’ennemi, pour la liberté.
Voilà pourquoi nous sommes ici en ce jour d’armistice, rappelant la mémoire vivante de ces combats, de ces souffrances, de ces sacrifices...
A vous tous, réunis, je souhaite exprimer combien votre présence atteste une nouvelle fois, du très haut intérêt que nous portons à cette cérémonie du souvenir.
Votre attachement patriotique nous encourage à faire vivre la mémoire collective, lui donner un sens fort dans notre société soumise au doute ! Non, nous n’oublions pas ! La Nation ne les oublie pas!
Commémorer le 11 novembre 1918, c'est accomplir notre devoir de mémoire à l'égard de ceux qui nous ont légué les valeurs de courage pour la défense de la nation et de la démocratie mais également celles du pacifisme.
Dans cet esprit, il n’est pas vain, d’associer au souvenir du 11 novembre, les batailles quotidiennes pour combattre sans relâche, ce qui divise. L'indifférence, l'intolérance, la xénophobie et le racisme, l'individualisme, le repli sur soi lié à une société qui valorise les plus forts et marginalise les faibles. Ce sont les plaies d'aujourd'hui et des ferments de haine pour demain.
Rêvons ensemble du jour où la paix ne sera plus seulement, comme l'écrivait Jean Giraudoux, « l'intervalle entre deux guerres », mais plutôt comme l'avait voulu le philosophe Emmanuel Kant, « une paix perpétuelle ».
Soyons conscients de la grande fragilité de nos sociétés dites développées qui ne sont jamais à l'abri d'un possible retour de la barbarie. Alors, prenons garde, car s’il est bien une leçon que nous devons retenir du 11 novembre, c’est bien celle de la paix et de la fraternité dans le monde. Une société plus juste, plus solidaire, qui éradique la pauvreté et le chômage afin de redonner la dignité aux femmes et aux hommes du monde entier.
Il y a plus de grandeur à nourrir, élever, éduquer, soigner les hommes, qu’à faire la guerre.
Je vous remercie de votre présence autour du souvenir de nos morts tombés pour la France et pour la paix.





